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Carine Séchaye (Lyrique)

Date :Vendredi 8 octobre 2010
Lieu :

Conservatoir national Gabriel Fauré, 221, avenue de l’Europe, SAVIGNY LE TEMPLE

Type :Concert / Festival de musique

On pourrait à juste titre louer sa technique vocale irréprochable ou son intelligence des textes, mais ce qui frappe d’emblée c’est l’extraordinaire tempérament de comédienne de la lauréate du dernier Concours international de mélodie française de Toulouse. Dotée d’une aisance scénique hors pair, la jeune mezzo campe, avec un humour ravageur, l’irrésistible Périchole d’Offenbach au sortir d’un dîner un peu trop arrosé, avant de faire surgir, telle une prestidigitatrice, une improbable baleine aux yeux bleus ou deux escargots allant à un enterrement, puisés dans les trésors de l’imaginaire de Prévert et Kosma. Lorsque Carine Séchaye leur donne vie, accompagnée de son complice Mathieu Pordoy, la scène prend alors les contours de L’île heureuse… Personne n’y résiste !


Joseph Kosma, de Bartok à Greco : Les feuilles mortes, Si tu t’imagines, La rue des blancs-manteaux… Ambassadrices de charme de l’esprit de Saint-Germain des Prés, ces chansons, qui ont couru le monde, portent les signatures de Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre et Raymond Queneau. Un seul compositeur cependant peut en revendiquer la paternité musicale : Joseph Kosma. Étonnant itinéraire que celui de ce musicien !

Né en 1905 à Budapest et formé dans la pure tradition hongroise, rien ne le prédisposait fréquenter les existentialistes parisiens. Mais sa vie est déterminée par des rencontres : au début des années 30, dans un Berlin en pleine effervescence, il côtoie Hanns Eisler et Kurt Weil qui font rimer avant-garde musicale et idéalisme social, puis il quitte son poste de directeur de l’orchestre de l’Opéra de Berlin pour accompagner le théâtre ambulant d’un certain Berthold Brecht… Rencontre avec l’Histoire. Dramatique, celle-ci : fuyant le nazisme, il s’installe à Paris. Dès 1935, il devient le compositeur attitré des cinéastes Marcel Carné et Jean Renoir, opérant une véritable révolution dans le domaine de la musique de film. Engagées dans la narration du film, bien loin du simple accompagnement divertissant, ses partitions font date. Même souci de sincérité et d’intégrité dans ses chansons : « En venant en France, j’étais décidé à écrire des chansons dont l’objet ne serait pas seulement de distraire, mais aussi d’exprimer l’angoisse des hommes devant les menaces de notre monde moderne, passablement inhumain » déclare-t-il.

Les bulles de savon poétiques de Jacques Prévert, savantes dans leur simplicité, légères dans leur gravite lui donneront l’occasion de distiller les mélodies que nous continuerons à fredonner aussi longtemps que les feuilles mortes se ramasseront à la pelle devant le Café de Flore...


vendredi 8 octobre à 20h30


http://www.scenenationale-senart.com

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