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Les sept planches de la ruse

Date :Du 25 au 29 novembre 2008
Lieu :La Coupole, Combs-La-Ville
Type :Spectacle

Casse-tête poétique et lumineux


Aurélien Bory et la compagnie 111 sont des grands voyageurs devant l’éternel. Après le Maroc, qui donna lieu au superbe spectacle Taoub que nous avons accueilli, ou encore Plan B, que nous avons bissé, voici la Chine et son célèbre jeu qi qiao ban, que l’on connaît chez nous sous le nom de tangram. Aurélien Bory et les artistes qui l’accompagnent sont des voyageurs de l’imaginaire. Et puisque le jeu consiste à bien agencer sept éléments, autant dire qu’ils nous font rêver à toutes les combinaisons possibles avant la figure finale, le temps de voyager à notre tour dans l’espace et le temps. C’est tout simplement fascinant et d’une beauté rare. On rêverait presque que les quatorze artistes chinois – deux fois sept perles venues du cirque et de l’opéra – ne parviennent pas à réaliser la figure recherchée, afin de prolonger notre plaisir le plus longtemps possible.

Les « sept planches » qu’avec « ruse » Aurélien Bory et ses interprètes vont manipuler, agencer, ce sont donc les sept pièces traditionnelles du qi qiao ban, un jeu qui se compose d’un carré, d’un parallélogramme, et de cinq triangles de tailles variées, et qu’il s’agit de réunir afin de former un carré. Dans la série des casse-tête, le tangram est un classique. La seule différence dans le spectacle d’Aurélien Bory, c’est que les pièces sont des pièces géantes de quelques centaines de kilos chacune ! Ce sont ces masses que les artistes vont faire glisser, mettre debout, dessinant ainsi d’étranges figures abstraites, de véritables labyrinthes ésotériques.

On ne dira jamais à quel point Aurélien Bory, qui fit des études de physique, obtint un diplôme de cinéma, suivit une formation d’acoustique avant de se lancer dans le jonglage, aime les mathématiques et la géométrie, et plus particulièrement, on s’en serait douté, la géométrie dans l’espace. Il a ainsi réalisé une trilogie sur l’espace, IJK consacré au cube, Plan B au titre qui se passe de commentaire, et Plus ou moins l’infini où il est question de la… ligne !

Sa grande force pour dompter ces espaces qui sont aussi les espaces de l’imaginaire, c’est d’avoir su réunir une équipe de premier ordre, car on aura compris que dans une telle configuration, son, musique, lumière ont une importance capitalissime. Aucun talent n’étant de trop pour dompter l’espace et la matière.


Tous les détails sur http://www.scenenationale-senart.com