Projet européen d’armement : la décision sur le système de combat aérien FCAS à nouveau reportée



Berlin – L’Allemagne et la France ont de nouveau reporté la décision concernant le système de combat aérien FCAS prévu avec l’Espagne – cette fois à une date indéterminée. « Contrairement à ce qui avait été prévu initialement, aucune décision définitive sur la poursuite du projet FCAS n’a encore été prise à la fin de l’année », a déclaré à la demande de l’agence de presse allemande un porte-parole du gouvernement.

La raison en est « l’agenda franco-allemand en matière de politique étrangère et de sécurité, qui n’a pas encore permis d’aborder la question des avions de combat communs au niveau du président et du chancelier fédéral », indique le communiqué. La suite du projet est encore complètement ouverte. « Nous ne pouvons pas donner de nouvelle date pour une décision à ce stade », a écrit le porte-parole du gouvernement.

Coûts totaux de l’ordre de plusieurs milliards à trois chiffres

FCAS signifie « Future Combat Air System » et, s’il était mis en œuvre, il s’agirait du projet d’armement européen le plus vaste et le plus coûteux. Le coût total est estimé à plusieurs milliards de dollars. Le système de combat aérien est destiné à voler en collaboration avec des drones non armés et armés et constitue donc plus qu’un simple avion de combat. Il est prévu qu’il remplace l’Eurofighter utilisé par la Bundeswehr ainsi que le Rafale français à partir de 2040.

Le plan initial était de terminer le mois d’août

La décision sur la mise en œuvre devait initialement être prise par le Conseil des ministres franco-allemand à Toulon fin août. Il n’en est rien sorti. Peu avant la réunion des deux cabinets, le chancelier Friedrich Merz (CDU) a annoncé le report de la décision et fixé un nouvel objectif pour la fin de l’année. Cette fois-ci, les deux parties étaient déterminées à respecter les délais afin de garantir la sécurité de la planification.


« Nous nous en tenons à notre objectif de prendre une décision d’ici la fin de l’année », a déclaré en novembre le ministre de la Défense Boris Pistorius (SPD). « Quoi qu’il en soit, une décision sera prise d’ici la fin de l’année. »



Différences sur la participation des entreprises

Rien n’en est sorti maintenant. Les négociations traînent en longueur, notamment en raison de profondes divergences sur la participation respective des sociétés Dassault (France), Airbus Allemagne et Indra (Espagne). Dassault veut prendre 80 pour cent du projet. D’un autre côté, la partie allemande a exprimé cet été l’espoir que Dassault « s’en tienne aux accords existants », selon lesquels les entreprises devraient avoir une part égale.

Deux avions de combat comme compromis ?

En guise de compromis, une solution avec deux avions de combat est actuellement discutée dans les cercles d’experts, qui seraient alors produits par Dassault et Airbus comme auparavant, le Rafale et l’Eurofighter. Le projet commun se limiterait alors essentiellement au « Combat Cloud », un réseau de données pour les ressources militaires, et aux drones qui l’accompagnent. Mais cela entraînerait des coûts supplémentaires et des problèmes pour exporter le système en raison de la concurrence entre les deux avions de combat.

Il existe également des spéculations selon lesquelles l’Allemagne pourrait se tourner vers un projet concurrent, le Programme aérien de combat mondial (GCAP) dirigé par les Britanniques, les Italiens et les Japonais. Un échec du FCAS aurait non seulement des conséquences importantes sur la coopération en matière d’armement franco-allemande, mais aussi sur les relations entre les deux pays dans leur ensemble. On ne sait pas exactement quand auront lieu les prochaines étapes de clarification.