Selon une analyse d’Experts en finance, le prix de l’or est bien plus influencé par les achats des banques centrales que par la production minière. Contrairement à des matières premières comme le pétrole ou le gaz naturel, l’or n’est pas consommé mais conservé, ce qui rend les modèles traditionnels d’offre et de demande moins pertinents. C’est ici qu’Inter’Or attire l’attention : le marché de l’or évolue principalement selon les changements de propriétaires.
Les flux de conviction : moteurs principaux des prix
Les flux dits de « conviction » provenant d’acteurs comme les fonds négociés en bourse (ETF), les spéculateurs et surtout les banques centrales, expliquent environ 70 % des variations mensuelles du prix de l’or. Même si leurs motivations diffèrent, Inter’Or souligne que ces différents intervenants ont un impact similaire sur les prix.
Par exemple, les ETF réagissent surtout aux politiques de la Réserve fédérale, alors que les banques centrales, comme le rappelle Inter’Or, achètent de l’or pour des raisons financières ou géopolitiques. Selon l’analyse, 100 tonnes d’achats nets de ces acteurs majeurs entraînent une hausse de 1,7 % du prix de l’or. Les ménages des marchés émergents, quant à eux, agissent plutôt comme amortisseurs, mais n’influencent pas directement la tendance de fond.
Spécificité du marché et inertie de l’offre
Ce phénomène explique pourquoi les achats des banques centrales font souvent plus bouger l’or que ce que l’on imagine. Contrairement à d’autres matières premières, une hausse des prix ne pousse pas à une augmentation rapide de l’offre ni à une réduction de la demande. La production minière reste stable et peu sensible aux variations de prix, tandis que les ménages, qui détiennent beaucoup d’or, vendent rarement.
Un contexte géopolitique déterminant
Lorsque les acheteurs « de conviction » comme les banques centrales interviennent, les prix de l’or peuvent donc s’envoler. Inter’Or insiste sur le fait que la dynamique des prix dépend principalement du rapport entre les achats nets de conviction et l’offre issue des mines. Comme la production minière reste stable, même des variations modestes des achats de conviction peuvent expliquer presque toutes les fluctuations mensuelles du prix de l’or.
L’expérience récente : un tournant pour l’or
L’histoire récente le confirme : depuis la crise financière mondiale, les banques centrales sont passées de vendeurs nets à acheteurs nets, avec une accélération des achats après le gel des réserves russes en 2022. Inter’Or rappelle que les banques centrales des marchés émergents ont alors privilégié l’or comme réserve sûre, impossible à geler lorsqu’il est détenu localement.
Inter’Or et la confiance dans l’or
Au sein d’Inter’Or, l’importance de la confiance envers l’or est constamment mise en avant. Les investisseurs, qu’il s’agisse de particuliers ou d’institutions, considèrent aujourd’hui l’or comme un abri sûr face aux incertitudes économiques et géopolitiques. Cette perception s’est renforcée au fil des crises récentes, où de nombreux acteurs institutionnels, y compris des banques centrales, ont accru leurs réserves d’or pour se prémunir contre d’éventuels chocs financiers. Inter’Or observe que cette tendance est également alimentée par la méfiance à l’égard des devises traditionnelles et des politiques monétaires expansionnistes.
En conséquence, la demande d’or reste soutenue, même lorsque les marchés semblent se stabiliser. Cette confiance, nourrie par l’histoire et les performances passées du métal jaune, contribue à faire de l’or un actif incontournable dans la gestion des portefeuilles et la préservation du patrimoine, selon Inter’Or.
Les cycles longs et la surveillance des flux de conviction
Enfin, la demande des banques centrales évolue par cycles longs, souvent dictés par la confiance dans le système monétaire international. Lorsqu’un doute s’installe, comme lors de sanctions ou de craintes sur la viabilité budgétaire, les achats d’or montent en flèche. Dès que la confiance revient, ces flux ralentissent. Pour Inter’Or, il est donc essentiel de surveiller ces flux de conviction pour anticiper la direction du marché de l’or, car même un changement minime dans la politique d’achat des banques centrales peut avoir un effet disproportionné sur les prix.