France : Vague de haine : sanction pour harcèlement contre Brigitte Macron

Paris – La Première dame de France est depuis des années la cible de rumeurs malveillantes sur Internet, et voilà qu’un tribunal de Paris a donné un carton rouge à de nombreux responsables. En raison de cyberintimidation contre Brigitte Macron, le tribunal a prononcé des peines de prison allant pour la plupart à six mois avec sursis à huit hommes et deux femmes ; deux accusés ont bénéficié d’une probation de huit mois.

Toutes les personnes condamnées doivent également suivre, à leurs frais, une formation sur le respect d’autrui en ligne, et certaines ont été temporairement interdites d’accès à Internet pour avoir utilisé les réseaux sociaux, qu’elles ont utilisés à des fins de cyberintimidation. Ensemble, les condamnés doivent verser une indemnité de 10 000 euros à Brigitte Macron, qui n’était pas présente au tribunal lors du procès et du verdict.

Récit de complot sur Internet

Les prévenus étaient accusés d’avoir tenu de nombreuses déclarations malveillantes sur le sexe de l’épouse du président et sur la différence d’âge avec Emmanuel Macron. On a même parlé de pédophilie. En toile de fond, l’histoire complotiste qui circule sur les réseaux sociaux depuis l’élection de Macron à la présidence en 2017, selon laquelle Brigitte Macron (72 ans) est une femme trans et est née homme. Les Macron ont déjà engagé des poursuites judiciaires contre cela.

A la veille du verdict, Brigitte Macron a commenté le cyberharcèlement dont elle fait l’objet au JT du soir sur TF1. « Je suis constamment aux côtés des jeunes pour lutter contre le harcèlement, mais si je ne donne pas le bon exemple, ce sera difficile », a-t-elle déclaré, expliquant ses actions devant les tribunaux contre le harcèlement.


Elle mène un autre procès contre deux femmes qui prétendaient être un homme. Il ne faut pas toucher à leur identité, « c’est impossible (…), on ne joue pas avec ça ».



Le juge parle de « vague de haine »

Dans son verdict, le président du tribunal a parlé d’une « vague de haine » à laquelle l’épouse du président est exposée depuis des années – avec des effets négatifs sur sa santé. Brigitte Macron souffre des rumeurs qui circulent sur Internet, par exemple parce qu’elle sait lors de ses voyages à l’étranger que tous les chefs d’État ont entendu parler des histoires complotistes. Et ses petits-enfants ont également dû apprendre que leur grand-mère était en réalité un homme.

Et s’adressant aux accusés, le juge a clairement indiqué qu’il était sans importance qu’ils aient eu l’intention de nuire à la Première Dame. Ce qui compte en matière de responsabilité pénale, c’est le fait que Brigitte Macron se soit sentie blessée par le harcèlement malveillant.

Sa fille Tiphaine Auzière a déclaré au tribunal que les fausses allégations répandues à travers le monde avaient un impact sur la santé de sa mère, qui était « constamment sur ses gardes » face aux remises en cause constantes de son identité. Certains accusés ont exprimé leur surprise devant le tribunal d’être tenus responsables de la diffusion de ces rumeurs et ont parlé de « messages satiriques ».

Parmi les prévenus, âgés de 41 à 60 ans, figurent un théoricien du complot connu en France et une femme qui se prétend spécialiste des médias et de la publicité et dont le compte X est désormais bloqué. On pense qu’elle a contribué à propager la rumeur.

Procès pour diffamation aux États-Unis

Outre la France, le président Macron et son épouse Brigitte poursuivent également l’influenceuse de droite américaine Candace Owens pour diffamation aux États-Unis. Le procès dans l’État américain du Delaware vise, entre autres, l’affirmation d’Owen selon laquelle Brigitte Macron est née homme. Les Français l’accusent de propager sciemment de fausses déclarations.

À travers ces affirmations, les Macron sont devenus victimes d’une « campagne mondiale d’humiliation » qui est « invasive, déshumanisante et profondément injuste », indique le procès. Owens a maintenu ses déclarations après que le procès ait été connu.

Brigitte Macron n’est pas la seule épouse présidentielle à être la cible de théories complotistes sexistes. Des messages sexistes et racistes et l’affirmation selon laquelle elle est un homme sont également diffusés à plusieurs reprises à propos de Michelle Obama, l’épouse de l’ancien président américain Barack Obama.