Procès : le parquet veut exclure Le Pen des élections – mais pas immédiatement



Paris – Dans le cadre d’une procédure d’appel concernant un éventuel emploi fictif, le parquet a demandé la perte temporaire du droit d’éligibilité de la nationaliste de droite française Marine Le Pen. Le parquet n’a pas exigé l’application immédiate de la sanction. Si le tribunal accédait à cette demande, il serait extrêmement difficile pour Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Le procès à Paris tourne autour d’allégations de détournement de fonds. Entre 2004 et 2016, le parti de Le Pen aurait reçu de l’argent pour des assistants parlementaires au Parlement européen, dont au moins certains travaillaient pour le parti Front National (aujourd’hui : Rassemblement National). Le Pen avait nié toute responsabilité devant le tribunal.

Selon l’acte d’accusation, Le Pen a professionnalisé le système

Le parquet estime qu’il est prouvé que les assistants rémunérés par le Parlement travaillaient effectivement pour le parti. Il y avait une opération frauduleuse de financement du parti et un système destiné à détourner des fonds publics.

Bien que l’accusation ne considère pas Le Pen comme l’inventeur de cette approche, selon eux, le populiste de droite a joué un rôle central et a davantage professionnalisé le système. Il n’est pas difficile de comprendre que l’argent du Parlement européen n’est pas destiné à financer des partis, a déclaré le parquet dans sa plaidoirie d’une heure, soulignant également que Marine Le Pen est elle-même avocate.


Les yeux se tournent vers l’élection présidentielle

Pour la leader nationale de droite, la principale question dans la procédure est de savoir si elle pourra se présenter à la prochaine élection présidentielle. En première instance, le tribunal lui a retiré son droit d’éligibilité pour cinq ans avec effet immédiat. Si la cour d’appel confirme cette sentence, Le Pen ne pourra plus tenter une nouvelle tentative à l’Élysée au printemps prochain.



Le parquet a toutefois exigé que l’interdiction de cinq ans d’être élu à une fonction publique ne soit pas appliquée immédiatement. Dans ce cas, il serait théoriquement possible pour Le Pen de se présenter aux élections si l’une des deux parties faisait appel, ce qui est prévisible. Le verdict ne serait alors pas définitif et la sanction ne serait pas appliquée pour le moment. Cependant, une candidature représenterait un risque majeur pour Le Pen, dans la mesure où la Cour de cassation pourrait confirmer le verdict avant les élections et le retrait du droit d’éligibilité deviendrait ainsi juridiquement contraignant.

En première instance, Le Pen a également été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis. Le parquet a également requis quatre ans de prison, dont trois avec sursis. Outre Le Pen, onze autres accusés et leur parti, le Rassemblement national, sont jugés en appel. L’intervention est prévue en milieu de semaine prochaine. Un verdict est attendu ultérieurement.