20 prévenus : Guerre contre la drogue à Marseille – début du procès contre le chef de clan

Marseille – Des coups de feu retentissent sans cesse dans les grands immeubles français, la plupart des jeunes meurent dans la guerre des gangs de drogue et les politiciens parisiens promettent aux habitants choqués qu’ils prendront des mesures fermes. Les choses vont particulièrement mal à Marseille, où le procès contre l’un des plus grands criminels de drogue présumés de France a commencé.

Le chef présumé du clan Yoda, Félix Bingui, alias « le chat », ainsi que 19 autres hommes et femmes sont accusés. Ils auraient été impliqués dans une bataille impitoyable avec la mafia DZ pour le contrôle du trafic de drogue dans la ville portuaire. Les prévenus sont accusés de trafic de drogue, d’appartenance à une organisation criminelle et de blanchiment d’argent. Vous risquez jusqu’à 20 ans de prison.

Accès au Maroc

« Ce réseau, connu sous le nom de clan Yoda et considéré comme extrêmement bien structuré et organisé, s’est fait un nom notamment dans la guerre de territoire avec le réseau concurrent de la mafia DZ », a indiqué le parquet. Bingui, que les enquêteurs considèrent « sans aucun doute » comme le chef du clan et qui faisait la navette entre la France, le Maroc et Dubaï, a été arrêté au Maroc en mars 2024 et extradé vers la France en 2025.

Le Franco-Camerounais (36 ans) attendait son procès dans une prison de haute sécurité spécialement créée pour les pires criminels liés à la drogue du pays. Il s’est présenté au tribunal avec le crâne rasé et un sweat-shirt noir et a regardé le début du procès avec une expression concentrée, comme l’a rapporté le journal « Charente Libre » depuis la salle d’audience. « Le Chat », surnom du principal accusé, a rejeté les accusations portées contre lui.


Les gangs de drogue à Marseille se livrent depuis de nombreuses années une bataille sans merci, avec des règlements de compte sans scrupules réguliers. Rien qu’en 2023, 49 personnes ont été tuées et 118 ont été blessées, dont 18 mineurs. Les hommes politiques déclarent régulièrement la guerre au trafic de drogue et prennent des mesures contre les trafiquants en déployant des forces de police massives, sans succès durable jusqu’à présent.



Des mesures de sécurité sans précédent

Le procès de Marseille s’ouvre dans le cadre de mesures de sécurité sans précédent, destinées à garantir la protection des personnes impliquées dans le procès, mais également à souligner la volonté de l’État de freiner la montée de la criminalité liée à la drogue. Les habitants des quartiers de Marseille et de villes comme Nice, Nîmes et plus récemment Nantes se plaignent à plusieurs reprises que l’État les abandonne avec leurs problèmes. Les balles touchent également des écoles ou tuent des passants, comme un étudiant étudiant dans sa chambre ou un petit garçon dans la voiture de son oncle.

Une tempête d’indignation a éclaté dans toute la France en novembre de l’année dernière lorsque des barons de la drogue ont abattu le frère d’un critique bien connu de la criminalité liée à la drogue à Marseille, probablement dans un but d’intimidation. Le chef du puissant gang de drogue DZ Mafia pourrait être à l’origine de cet assassinat, rapporte le journal « Le Parisien » en référence à l’enquête.

Les enquêteurs en matière de drogues sont eux-mêmes au centre des enquêtes

Mais la police elle-même a également fait la une des journaux. Dans le scandale d’une cargaison de 400 kilos de cocaïne d’abord surveillée par la police puis disparue, « Opération Trident », une enquête a été ouverte l’année dernière contre la chef de la brigade antidrogue de Marseille et son adjoint. Deux autres enquêteurs antidrogues de la ville portuaire ont été arrêtés.

Après une information anonyme, la brigade antidrogue a voulu surveiller une livraison de 400 kilos de cocaïne en provenance de Colombie vers la région parisienne afin d’en retrouver le commanditaire. Contrairement aux attentes, le principal repreneur n’est pas apparu. Selon les médias, la drogue aurait été vendue avec la participation d’informateurs de la police.

Et dès l’ouverture du procès, l’avocat de Félix Bingui a émis le soupçon que trois des enquêteurs mis en examen dans le cadre de « l’Opération Trident » avaient procédé à des écoutes téléphoniques à l’encontre de son client « en dehors de tout cadre légal ». L’avocat de la défense Philippe Ohayon a demandé, dans un premier temps sans succès, que ces trois officiers soient interrogés devant le tribunal.