« C’est une bonne chose, nous sommes très fiers de ce partenariat. » Le maire Matthias Knecht était de bonne humeur. A peine arrivé à Montbéliard, Schultes de Ludwigsburg s’est rendu directement à la mairie de la ville jumelle française. Peu de temps après, il s’est présenté à l’église Saint-Martin avec son homologue Marie-Noëlle Biguinet, maire de la commune de 25 000 habitants située à environ 50 kilomètres au sud-ouest de Mulhouse. Knecht était l’invité d’honneur de la cérémonie de célébration de la réouverture de cette église luthérienne traditionnelle.
Ce « temple », comme on appelle en français les églises protestantes, représente le lien séculaire entre la Souabe et l’ancien « Mömpelgard » : sous ce nom, il appartenait au duché de Wurtemberg jusqu’en 1793. L’église Saint-Martin a été construite en 1607 par un Wurtemberg : Heinrich Schickhardt de Herrenberg. Après cinq ans de rénovation, l’église en pierre calcaire du Jura beige clair apparaît plus lumineuse et plus accueillante qu’auparavant. Plus de 500 invités et visiteurs se sont rassemblés à la cérémonie de samedi et au service joyeux de dimanche.
Ludwigsburg et Montbéliard ont conclu en 1950 le premier partenariat communal franco-allemand après la Seconde Guerre mondiale. Matthias Knecht qualifie cette relation de « très vitale » : « Un grand succès, nous vivons cette unité. » Il y a plusieurs rencontres chaque année. Le maire a souligné que les relations franco-allemandes sont particulièrement importantes pour l’Europe. Il espère que cette appréciation pourra également être transmise à la jeune génération.
Soutien financier du Wurtemberg
Le maire Biguinet a déclaré lors de la cérémonie que l’église rouverte était « une expression de ce qui a façonné notre région ». La ville gagne en tourisme grâce à l’église Saint-Martin qui forme aujourd’hui avec le château du Wurtemberg un ensemble particulièrement historique. Biguinet a remercié Ludwigsburg pour son grand soutien et a déclaré à propos du partenariat : « Nous voulons continuer cette histoire », compte tenu également de l’intégration croissante en Europe.
La rénovation a coûté au total 4,59 millions d’euros. La plus grande partie, plus de 58 pour cent, provenait des agences gouvernementales – du ministère de la Culture, de la région et du département, et de la ville de Montbéliard. Inhabituel, pourrait-on penser, compte tenu de la stricte séparation de l’Église et de l’État en France. Cette somme reflète la haute estime dont jouit ce joyau culturel bien au-delà des églises. Le Wurtemberg a apporté son soutien. 25 000 euros sont venus de Ludwigsburg et l’église régionale du Wurtemberg a donné environ 153 000 euros au fil des ans. Les visiteurs allemands ont fait don de plusieurs milliers d’euros, notamment de la part du doyenné de Ludwigsburg.
La preuve concrète d’une Europe unie
L’un des invités d’honneur de l’Église d’Allemagne était l’évêque régional du Wurtemberg, Ernst-Wilhelm Gohl, qui a parlé dans son discours de bienvenue d’une « étape importante dans notre partenariat ecclésial ». Et aussi Michael Werner, le doyen protestant de Ludwigsburg. Il aimerait continuer à entretenir le partenariat. Ce qui l’impressionne le plus chez ses coreligionnaires français : « Le grand engagement, même si c’est une petite communauté. » La clarté de l’analyse. Et « sa confiance aussi ».
L’ambiance des jours de fête était détendue. Saint-Martin, selon un conseiller paroissial, est « une maison de rencontre et d’espérance » ainsi qu’« une église véritablement européenne » : un lieu de culte construit par un Allemand sur le sol français dans le style de la Renaissance italienne. Preuve concrète que l’Europe a toujours été plus qu’un simple conglomérat de nations égoïstes.