En France, certains malades incurables disposent désormais du droit de recourir à une aide au suicide sous conditions. La loi sur l’aide à mourir, débattue depuis des années, a été publiée mercredi au Journal officiel. Cette loi est présentée comme la plus grande réforme sociétale du président Emmanuel Macron, qui quittera ses fonctions au printemps prochain. Ainsi, la France se classe parmi les quelques pays où l’aide à mourir est possible sous conditions.
Des critiques contre la loi sont venues de l’Église catholique, mais aussi de professionnels du soin. Ils avertissent que les patients pourraient ressentir une pression pour ne pas être un fardeau pour leur famille ou pour la société. Les partisans répondent que les personnes malades et incurables devraient avoir la possibilité de décider elles-mêmes de mettre fin à leurs souffrances.
Wo Sterbehilfe unter Auflagen erlaubt ist
Pour pouvoir bénéficier de l’aide à mourir, selon la loi française, les patients doivent notamment être majeurs et souffrir d’une maladie incurable et grave menacant leur vie. Ils doivent pouvoir exprimer leur volonté libre et clairement jusqu’au bout. Un médecin ne peut prescrire le moyen mortel qu’après une consultation avec d’autres professionnels. Les patients doivent généralement s’administrer eux-mêmes le médicament. Ce n’est que s’ils ne sont pas physiquement en mesure de le faire qu’un médecin ou une aide-soignante peut les aider.
La loi avait été adoptée en juillet par l’Assemblée nationale; le Conseil constitutionnel a donné son feu vert la semaine dernière. Cette décision a, selon Macron, « mis fin à un débat démocratique exemplaire ». Le président avait, fin 2022, convoqué un conseil citoyen d’environ 180 participants. Sur la base de leurs propositions, la loi a été élaborée et a été examinée à plusieurs reprises par les deux chambres du Parlement.
L’aide à mourir sous conditions est également autorisée en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse, ainsi qu’au Canada et en Uruguay.