Six pays ont imposé des sanctions contre les colonies israéliennes et la violence en Cisjordanie. Israël a condamné ces mesures comme étant « honteuses ».
Un Palestinien examine un véhicule incendié aperçu après une attaque par des colons israéliens (photo d’archive).
Nasser Nasser/AP/dpa
Smotrich s’engage ouvertement en faveur de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ainsi que de l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne, a écrit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur son service en ligne.

Le politicien israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich (à droite) est président du parti « Sionisme religieux ». Itamar Ben-Gvir dirige le parti « Otzma Yehudit » (« Force juive ») (photo d’archive).
Photo : GIL COHEN-MAGEN/AFP
Smotrich est le deuxième ministre israélien à se voir interdire l’entrée à Paris. La France a interdit au ministre israélien de la Sécurité, Itamar Ben Gvir, d’entrer dans le pays en mai après la publication d’une vidéo dans laquelle il traitait de manière humiliante les activistes arrêtés de la flotte humanitaire de Gaza.
Ben Gvir et Smotrich appartiennent à la coalition de droite de Netanyahu
Dans les images diffusées par Ben Gvir, des dizaines de militants ont été vus ligotés et à genoux sur le pont d’un navire militaire. Le ministre d’extrême droite nargue les militants et agite un drapeau israélien.
Ben Gvir et Smotrich appartiennent à la coalition de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. D’autres pays ont déjà interdit aux deux ministres d’entrer dans le pays.
La France interdit également l’entrée sur le territoire de quatre personnes responsables d’organisations de colons et de 21 colons violents, a expliqué Barrot. Les sanctions ont été coordonnées avec la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, la Norvège et la Nouvelle-Zélande et ont ciblé les responsables de la promotion de l’implantation israélienne en Cisjordanie et de la violence dans la région.
Interdiction d’entrée prononcée contre 20 « colons violents ».
La Norvège a déclaré que le pays scandinave imposerait les mêmes sanctions que celles convenues par l’UE le mois dernier. De plus, une interdiction d’entrée sera émise contre 20 « colons violents ».
Le gouvernement britannique a interdit aux entreprises et aux citoyens du pays d’investir dans les colonies en Cisjordanie. « Si vous êtes un citoyen ou une entreprise britannique, vous ne devez pas mener d’activités économiques et financières dans les colonies israéliennes illégales », a déclaré la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Yvette Cooper.
« Nous pensons que les groupes de colons violents ne devraient pas bénéficier des terres qu’ils ont prises aux Palestiniens », a déclaré Cooper. Le gouvernement israélien a condamné certains actes de violence commis par les colons israéliens – mais ce ne sont que des paroles vides de sens « alors qu’il y a peu de responsabilités ».
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967
Israël a immédiatement condamné les sanctions. « Le véritable cœur de ces mesures est une tentative d’imposer une position politique concernant le droit des Juifs à s’installer en Terre d’Israël et concernant le conflit israélo-palestinien – déguisée en mesures contre la violence », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Depuis le 7 octobre 2023, la violence a également considérablement augmenté en Cisjordanie. Depuis, au moins 1.080 Palestiniens ont été tués sur le territoire palestinien par des soldats israéliens ou des colons, selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres du ministère palestinien de la Santé. Selon Israël, au moins 46 Israéliens – soldats et civils – ont été tués dans la zone au cours de la même période.
Un rapport commandé par les Nations Unies indique que les civils palestiniens sont pris entre les « atrocités de masse » perpétrées par l’armée israélienne, la violence des colons juifs et le régime brutal du Hamas. Concernant les colons, le rapport publié mardi indique que les violences qu’ils ont commises étaient « le résultat direct des politiques israéliennes qui soutiennent, permettent et protègent leurs actions ».